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Musique

:: Samedi 1 février 2003 ::

Pas envie de sortir!

Encore un texte qui s'est envolé. J'espère qu'il va réapparaître.

Ce soir, finalement, je ne sors pas. Je n'ai pas envie, tant pis pour ce concert. Je vais sculpter, rêvasser, traîner mes pieds sur le tapis, peut-être même faire de la musique.

Le grille pain est en sécurité che Darty Belleville. Il s'exprimait, le pauvre, il faisait des étincelles. Mais, bon, j'ai coupé court à ses jérémiades et je l'ai emballé dans un sac graphigro, ce sont les seuls que j'ai. Car, tout mon argent passe dans le matériel pour artiste en herbe.

J'ai attrapé au passage deux boîtes d'effexor. Carburant indispensable en ce moment.

L'hiver est pour moi un moment agréable, je peux ainsi cacher mon visage sous des chapeaux aux larges bords ou sous un quelconque parapluie. Quand j'étais enfant, j'adorais me promener avec un parapluie, j'avais l'impression que mon univers, ma petite bulle me suivait, jusqu'au jour où ma mère m'en acheta un transparent avec un canard dessus, pouah!

Bon, un coup de téléphone m'a perturbé. Je reprendrai plus tard!!!!


:: Sacha 2003-02-01 13:15:58 [Permalien] ::
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:: Samedi 1 février 2003 ::
Bloubiboulga!

Je n'ai pas envie de sortir, aujourd'hui. J'ai simplement envie de lire, de traîner dans l'appartement. Quand il neige, je me sens bien, j'aime l'observer tomber sur le toit du loft en bas ou recouvrir les velux de la salle de bains et de la "pièce à musique". Quand je la vois au-dessus de moi, je me retrouve enfant.

Comme j'aimerais faire un bonhomme de neige, avec ue carotte en guise de nez.

A défaut de faire des bonhommes de neige, je fais de la sculpture. Hier soir, pendant que deux punks jouaient, j'ai fait une sculpture infâme. Un homme aux membres atrophiés et au visage pris dans des barbelés, dans une résille métallique, plus précisément. L'effet est saisissant. J'ai décidé d'en peindre quelques-unes. La couleur leur apporte un certain lustre et ça me plaît, elles ont un aspect fini que je suis incapable de leur donner naturellement.

Et puis, il y avait cette grande peinture accrochée face au canapé entre les deux fenêtres. Un homme assis de dos que j'avais réalisé d'après une esquisse. C'était au buffet de la gare de l'est. Je l'avais croqué en quelques instant et la posture si vivante m'avait poussée à l'approfondir.

Et hier, avant d'aller chez le psy, j'ai sorti mes pinceaux et hop, en qelques minutes, je luis ai donné un aspect plus velouté, moins dur. De gris et noir sur fond rouge, le personnage s'est éclairci et les vides se sont remplis. Pourtant, je ne peinds plus. Je n'y arrive plus. J'ai besoin à présent de modeler, de tripatouiller, de sculpter, de sentir une forme naître de mes mains.

Mon rêve entre autres est de pouvoir acheter une camera vidéo pour aller encore plus loin. De faire également des sculptures plus grandes, de souder, de manipuler d'autres matériaux mais pour ça, je dois d'abord trouver un endroit, un atelier et je n'en ai pas les moyens. Je suis condamnée à mettre les mains dans l'argile et faire des objets posés partout chez moi. Je dois d'ailleurs en faire une pour une amie mais je n'en ai pas la force. La seule que j'ai pû faire était pour D.

Aujourd'hui, j'avais envie de voir le défilé du nouvel an chinois mais avec cette neige fondue qui  tombe, je n'ai pas envie de mettre le nez dehors. C. est sorti envoyer des CD à des amis, il passe chez un copain et s'occupe de poster toutes les factures impayées.

Je dois aller à un concert ce soir, est ce que je vais y aller? En plus, c'est loin de chez moi. Je suis très paresseuse aujourd'hui.

J'écoute un mélange de Biosphère, Coil, Current 93 et Death in June. A l'instant passe un morceau de Coil, Death of Pasolini. Pier Paolo Pasolini aura marqué les esprits. Surtout le mien. J'en parle sans cesse en ce moment mais comme je lis tous ces écrits, évidemment, j'en suis complètement imprégnée.

Sinon, je crois que je vais abandonner mon DEA pour le moment, je ne peux plus travailler dessus de toute manière. Il faut que je commence à travailler. A ce sujet, j'ai eu un rendez-vous, cette semaine. Mais, j'hésite à prendre ma décision (le morceau qui passe actuellement est magnifique, Current 93, The falling avec la voix de BJORK, avant qu'elle ne soit la star que nous connaissons tous, il est très sombre, mais d'une profondeur inouïe. ).

Bon, je reprends, le travail qui n'en est pas vraiment un, est très intéressant, avec des responsabilités mais au début, je devrai travailler pour des clopinettes jusqu'à ce qu'on me crée un statut.  C'est à dire quelques mois. Je ne sais pas si je peux me le permettre. Le milieu de la culture est ainsi, vous êtes bardés de dîplomes, d'expériences mais on vous paie 30% du SMIG, parfois rien et le mieux que je puisse espérer est le SMIG. Je ne cours pas après l'argent mais avec toutes les expériences que j'ai eues, je ne peux pas non plus me "vendre au rabais". Je vais continuer.

De plus, je n'ai pas envie de faire jouer les relations comme on me le propose. Je déteste faire ça. Ca me diminue et je n'aime pas être dépendante, redevable. Alors, comme une grande fille, je vais me débrouiller toute seule.

Je saute du coq à l'âne. Avec le psy je sens que je suis sur la bonne voie. Nous avons eu un débat sur les termes de confiance en soi et le fait d'être sûr de soir. J'aimerais avoir plus confiance en moi mais je n'aimerais pas être sûre de moi. Je veux toujours me poser des questions pour avancer, pour ne pas stagner dans une suffisance que je réprouve. Tout est là, j'ai peur de franchir cette limite qui ferait de moi, tout ce que je déteste. Foncièrement, je ne suis pas ainsi mais sait-on jamais....

Comme il me l'a dit hier, je me freine. Oui, c'est vrai que je me freine mais on m'a toujours freinée. Un exemple: Quand, j'étais petite, je faisais de la gymnastique à un haut niveau. Evidemment, mon attitude s'en ressentait, je me tenais très droite et je regardais toujours droit devant moi. Et bien, d'autres enfant ont commencé à se moquer de moi. J'étais pour eux prétentieuse, froide et snob. Alors, à force, je regardais au sol parce que j'en avais marre. J'avais déja suffisamment de problèmes comme ça. Je ne voulais plus me faire remarquer. Mais, j'avais toujors des ennuis. Je pense à cette fille N. qui m'insultait. Nous nous sommes battues (nous avions 14 ans) et quelques temps après, elle ne me quittait plus. Elle faisait un énorme détour pour venir me chercher tous les matins avant d'aller en cours. Elle était d'une docilité incroyable avec moi. Mais si quelqu'un avait le malheur de me toucher, là elle montrait les dents. Quelle drôle d'histoire quand j'y pense.

Alors évidemment, quelquepart, je me suis freinée. Je me taisais en cours, qand je savais les réponses, pour ne pas me faire remarquer. C'était il y a longtemps, à présent, je me freine encore mais je marque ma personnalité, je la montre. Pourtant, les gens qui ne me connaissent pas très bien vont toujours avoir une impression de froideur, de distance comme si je les méprisais.  

Basta cosi! Je suis ainsi.

Voici quelques images du travail de James Turell. Une oeuvre dont le thème central est la lumière. Les photos sont bien en dessous de la réalité. Il a acheté il y a une dizaine d'année, un volcan, en Arizona, Roden Crater, qu'il est en train d'aménager entièrement. Magique!

<IMG SRC="http://www.monblogue.com/corpus/images/tur3.jpg">

 

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:: Sacha 2003-02-01 09:50:44 [Permalien] ::
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:: Vendredi 31 janvier 2003 ::
Rêves, rêves, rêves!

 Photo tirée d'une vidéo d'une artiste dont j'aime beaucoup le travail, Pipilotti Rist.

Qui mieux que Cocteau Twins peut m'acccompagner pour raconter le rêve de cette nuit.

Un homme était assis, sur un grand boulevard parisien, entièrement vidé de ses passants. Il était sous un auvent face à une table couverte de papiers. Le soleil était à son zénith et j'étais à moitié aveuglée. Je me tenais à ses côtés.

Il ressemblait étrangement à Henry Miller, ses yeux cerclés de lunettes rondes et un chapeau sur la tête, vêtu entièrement de blanc.

Je devais lui trouver des stylos, je m'introduis dans un immeuble. Je traverse une cour fraîche, moussue, entièrement ombragée. Poussant quelques portes, je m'inroduis dans un appartement. Mon oncle, (Un sale flic raciste, mysogine que je ne vois plus) est en train de se masturber. Je prends les stylos et m'enfuit.

Je me retrouve dans un immense jardin, empli de gens.........................Plus tard, je suis comme une fumnambule, je me tiens sur une corde très haut dans le ciel. Je vois les gens en bas qui m'observent mais qui ne remarquent pas ma peur. En effet, j'ai le vertige. Je n'ose plus bouger. je m'imagine m'écraser au sol, près d'une rivière, je vois mon corps disloqué. Mais ce n'est qu'une illusion car je réussis à combattre ma peur et à redescendre dans un toboggan de cordes.

Fin du rêve, enfin de mes souvenirs sur ce rêve.

Je sais que j'ai rêvé de lui, de l'autre, de D. qui doit bientôt revenir à Paris.

J'espère qu'il regarde de temps en temps en pensant à moi, la sculpture à mon effigie que je lui ai faite.

Je pourrais nommer ce blogue: "Histoire d'une fille qui a tout pour être heureuse." Je suis enfin avec celui que j'aime depuis longtemps (nous avons vécu une histoire très mouvementée avec 5 ans de séparation). Nous réussissons à vivre notre passion au quotidien et évitons toute monotonie, simplement parce que nous sommes incapables de nous ennuyer ensemble. Nous partageons tellement de choses, la musique entre autres. Il supporte mes accés de dépression (qui soi-dit en passant est en période d'accalmie).

Et pourtant, il y a D. que je connais depuis 4,5 ans à présent et qui réapparaît dans ma vie ponctuellement. Nous tenons l'un à l'autre. Mais notre histoire est suspendue. Nous nous verrons sans doute ainsi très longtemps, peut-être toute notre vie, en tout cas, c'est ce que nous désirons tous deux sans qu'il y ait plus. Jamais plus qu'un rendez-vous. Le temps passe et nos retrouvailles sont toujours aussi sincères, la joie de se revoir tout simplement. Nos adieux sont gais. C'est une jolie histoire qui me plaît, je ne peux pas le nier.

Sur scène, quand il sait que je suis dans la salle, il cherche mon regard. Je me mets toujours sur le côté pour l'observer. Il scrute discrètement les premiers rangs. Il sait que je le regarde. Quand il a enfin croisé mon regard, il ne voit plus que moi. Et à ce moment, j'ai l'impression qu'il joue un peu pour notre histoire.

Je ne l'aimerai jamais comme je peux aimer C. et pourtant, il est là, simplement. Il apparaît dans mes rêves et je sais que nos pensées parfois volent l'un vers l'autre.


:: Sacha 2003-01-31 07:15:33 [Permalien] ::
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:: Mercredi 29 janvier 2003 ::
Les pink Dots!

Hier soir, avec impatience, je me rends au concert des Pink Dots à la loco. Le festival de musique indus ayant pris du retard, nous allons boire un verre au kata bar.Une heure plus tard, tellement impatients, nous décidons de franchir le barrage des videurs et nous préparons à entendre de la bonne musique. Oui, je dis bien bonne musique.

Mais apparemment, le temps de l'indus est terminé.Un premier pseudo musicien électro caché derrrière son mac envoie une soupe imprégnée d'influences tellement visibles qu'elles en deviennent caricaturales et insultantes.

Le second qui se la joue dj techno hardcore passe un disque et part se boire une bière derrière. Il a une bien piètre opinion du public dirait-on. Fianlement, au bout de dix minutes, il réapparaît tranquillement, jettant un regard dans la salle. Hé oui, personne ne danse. Dommage! Peut-être est-il énervé car pendant plus d'une demi-heure, il va se déchaîner et envoyer rythmes sur rythmes. Des plus violents aux plus rapides. J'ai cruentendre du sous Autechre. Ah! lala!

Je commençais à perdre doucement patience. Heuresement j'avais repéré un extincteur et j'étais en train d'échafauder des plans pour savoir comment je pouvais lui faire comprendre que sa musique me déplaisait fortement. A cet instant, il fait un salut cornu à une personne de l'assistance. Mon dieu, c'est encore epire que je ne l'imaginais. J'abandonne l'idée de l'extincteur et de toute façon, je suis bien trop timide.

Les rideaux de velours noir se ferment. Et là, naïve, je me dis, ça y est c'est pour les pink dots. Heureusement, la musique en interlude n'est pas trop mal, Einsturze Neubauten, Alien sex fiend, mais bon, ça ne suffit pas pour me mettre de bonne humeur.

Enfin, les rideaux s'ouvrent, nous nous précipitons devant la scène et là, j'ai cru que j'allais vraiment faire un malheur. Que vois-je, mais que vois-je, un DJEMBE. Arggh!!!!!!!Je déteste les jembés, d'ailleurs, je ne sais pass comment ça s'écrit, tellement cet instrument de pseudo baba cool m'irrite. Je fais une petite parenthèse, au départ, je n'avais rien contre cet instrument mais à force, de l'entendre par dix sur les bords du canal st martin, les soirs d'été. De voir, les pseudos percussionnistes faire toujours la même chose, ça me gonfle au plus haut point, à croire qu'ils ne connaissent que deux rythmes. Ce qui ne m'a pas empêché d'assister à un concert de vraies percussions africaines. Les rythmes avaient un sens et il y avait une telle richesse, une telle force qu'après, retourner aux djembémans dredlockeux fonctionnant en binaire, j'ai eu vraiment du mal.

Bon, j'écoute tout de même ce qu'ils ont l'intention de faire. Il sont deux et l'intervention commence par ces mots : "nous on fait de la musique pour danser." Aie, aie, aie!!!!!!!! Déja, dans mon cas, c'est mal parti. Faire de la musique juste pour danser, c'est un mauvais point. Evidemment, les gens commencent à se mettre en place, on leur dit que c'est de la musique pour danser, gentiment, ils se préparent donc à bouger leur corps sur des rythmes endiablés.

Danser sur des boums boums éffrénés, je dis non. Peut-être que je suis réac. mais ma principale motivation est d'attendre une musique de qualité. J'aime beaucoup la musique électronique mais celle-ci, je ne peux pas la supporter. c'est physique. Je trouve ça barbare.

C'est à ce moment que nous avons migré au bar, le plus loin de cette soupe informe et infâme. Oh joie, je vais pouvoir me défouler sur les flyers. L'un d'eux attire particulièrement mon attention, une pub pour un livre sur les raves. "révolution musicale et sociale". Ah bon, j'aimerais bien qu'on m'explique quelle révolution sociale et musicale, ces fêtes ont apporté. "C'est un livre dédié à tous les teufeurs." Bon, ça va, je ne suis pas un "teufeuse", ce livre ne m'est pas destiné. c'est avec le coeur léger que je me suis empressé d'en faire des confettis. Je me suis amusée à faire des bonhommes en papier que j'ai coincé dans les rainures pleines de saleté du bar.

ET là, n'y croyant plus, les PINK DOTS arrivent enfin. IL est 1h30. Nous les avons vus, il y quelques temps à la maroquinerie. mais, cette fois-ci leur concert était complètement diférent. La voix d'Edward Ka spell est pour moi un envoûtement. Ils ont une telle présence que j'en oublie presque les performances médiocres qui ont précédé.

Sauf, que là, j'ai un petit problème technique. En effet, la récation chimique des anti-dépresseurs et de tout l'alcool que j'ai ingurgité commence à faire son effet dans mon cerveau. Je prends des capsules à libération prolongée, sauf que je les oublie souvent au profit de l'alcool, malheureusement pas ce soir! La machine est donc en trsè mauvais état.

Je commence à être fatiguée, comme si on m'avait administrée un somnifère à assommer un éléphant. Je suis obligée d'aller m'asseoir sinon, je vais m'écrouler de sommeil. Mes yeux se ferment malgré moi. Cette sensation est terrible. Je sens mon corps lutter contre les effets chimiques, mais rien n'y peut. Je réussis à me laisser encore porter par la musique mais...........bon, je ne me suis pas endormie mais je n'ai pas apprécié à sa juste valeur les derniers morceaux.

Quel dommage! Quelle honte pour la loco et pour ce festival de merde, de jouer sur la patience du public des pink dots et d'en profiter pour faire passer une soupe auditive informe et primaire.

Le concert terminé, nous nous précipitons vers la porte presque en courant. OUF! Il est trois heures. Demain, je vais avoir du mal à travailler sur ce mémoire de...., c'est certain.

Allez, je vais faire de l'argile.

Heureusement que les gens à qui j'avais demander de venir, J et sa copine ne sont pas venus. J'aurais vraiment eu honte de leur faire subir ça.

ET je pense à cet homme dans le métro qui nous avait adressé la parole et qui fulminait contre Bush. Il nous a montré un tableau qu'il avait fait, son autoportrait derrière des barreaux. Son visage me faisait penser à celui d'Artaud sur certains dessins. Le regard si intense presque fou.

Une force, une présence que j'aimerais trouver dans ce genre de soirée. Malheureusement, la médiocrité ambiante est de mise avec l'habit noir. Nous attendons tous quelque chose mais nous sommes les premiers à rejetter la différence, celle qui dérange. Dans ce métro, un couple derrière nous, à qui l'homme adressait la parole autant qu'à nous, refusait cette intéraction. Ils sont sortis à l'arrêt suivant. L'homme protégeant la femme, la prenant dans ses bras, lui évitant ainsi le regard de cet homme.

La peur!

 


:: Sacha 2003-01-29 09:38:19 [Permalien] ::
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:: Mardi 28 janvier 2003 ::
Soldes! Au secours!


Malencontreusement, un peu par curiosité et par obligation, je me suis retrouvée sur le boulevard Haussmann, près des galeries lafayettes et du printemps. Je vois d'abord une foule dense qui marche tout doucement (tiens, que se passe-t-il, pourquoi sont-ils si lents, on est à Paris, oui ou non?). Bon, j'essaye de m'infiltrer, laborieusement, c'est très difficile de passer les barrages de sacs du printemps (soi dit en passant, d'une couleur gerbante). (Quelle est la différence entre les galeries lafayettes et le printemps. Il y en a un des deux qui tourne avec la même pouf (qui, je crois est l'une des plus belles poufs du monde) depuis des années pour ces affiches (qui me donnent envie de vomir).

Et puis vraiment parce que je dois me trouver une paire de chaussures et que oui, je n'ai pas beaucoup de sous. Je me dis, tiens, là où je ne vais jamais, il y a peut-être des chaussures pas mal, donc j'entre dans le temple de la consommation. Ce fut une expérience inoubliable. J'ai cru qu'elles étaient hypnotisée ou somnambules, à marcher comme ça les bras en avant, les yeux qui roulent dans leurs orbites.

Quelle hystérie! Ces femmes qui se précipitent, les bras chargés de sacs, tâter de l'étoffe. Le bras en avant, les yeux hagards, elles n'ont plus qu'une idée en tête essayer, toucher, palper. "Ouh, c'est de la bonne qualité!" "oh! regarde; ça me va bien, non?". J'imagine, ce qu'elles pensent:"il me le faut, il me faut ce foulard."

Faîtes attention, car si vous lui prenez le foulard des mains, à l'instant où elle se dit qu'elle sera plus heureuse avec, je garantis soit une crise d'hystérie,(madame va taper des pieds et se rouler parterre) soit, un regard à vous statufier, et peut-être même, un étripement, là, oui là, sous l'étalage des foulards en simili soie, fabriqués à Taiwan.

Elles ne voient plus qu'à 20 cm d'elles, ( c'est ce qui s'appelle réduire son horizon, non?) et comme elles tracent au sol des courbes sinusoïdales, attirées d'une marchandise à l'autre, ce n'est pas évident, de les éviter. Alors, quand j'en ai percuté deux, trois dans ma trajectoire, j'en ai eu marre et hop, j'ai presque couru jusqu'à la sortie.

Au secours! mais qui sont ces femmes, de quelle planète viennent-elles? Vous en connaissez?

Alors, les soldes, jamais! Espérons, qu'il ne pleuve pas trop, pour le confort de mes petits pieds.
Pour illustrer mon propos, des extraits des écrits corsaires de Pasolini, qui évidemment, le dira mieux que moi: houp houp, là, nitz!!!!(c'est de l'alsacien, ça ne veut rien dire)



"...Une grande œuvre de normalisation parfaitement authentique et réelle est commencé et- comme je le disais- elle a imposé ses modèles : des modèles voulus par la nouvelle classe industrielle qui ne se contente plus d'un "homme qui consomme" mais qui prétend par surcroît que d'autres idéologies que celle de la consommation sont inadmissibles..."(Pier Paolo Pasolini, Ecrits Corsaires, p. 28).

" C’est quoi, la culture d’une nation ?, se demande Pasolini, l’air de rien, en juin 1974. " D’habitude, on croit, même chez les personnes intelligentes, que la culture d’une nation est la culture des scientifiques, des hommes politiques, des professeurs, des fins lettrés, des cinéastes, etc. Et donc qu’elle est la culture de l’intelligentsia. En fait, ce n’est pas du tout ça. Ce n’est pas non plus la culture de la classe dominante, qui, justement, à travers la lutte des classes, cherche à l’imposer au moins formellement. Ce n’est pas plus la culture de la classe dominée, c’est-à-dire la culture populaire des ouvriers et des paysans. La culture d’une nation est l’ensemble de toutes ces cultures de classes : c’est la moyenne de toutes. Elle serait complètement abstraite si elle n’était pas directement reconnaissable - ou pour le dire mieux, visible - dans le vécu et dans l’existence, et si elle n’avait pas, en conséquence, une dimension pratique. Pendant longtemps, en Italie, ces cultures ont pu être distinguées, même si elles ont été unies par l’Histoire. Aujourd’hui, distinction sociale et unification historique ont laissé la place à une homologation entre toutes les classes. "

" En revanche, le nouveau fascisme, la société de consommation, a profondément transformé les jeunes; elle les a touchés dans ce qu'ils ont d'intime, elle leur a donné d'autres sentiments, d'autres façons de penser, de vivre, d'autres modèles culturels. Il ne s'agit plus, comme à l'époque mussolinienne, d'un enrégimentement superficiel, scénographique, mais d'un enrégimentement réel, qui a volé et changé leur âme. Ce qui signifie, en définitive, que cette " civilisation de consommation " est une civilisation dictatoriale. En somme, si le mot de " fascisme" signifie violence du pouvoir, la " société de consommation " a bien réalisé le fascisme. " Écrits corsaires de Pier Paolo Pasolini

" Je suis profondément convaincu, disait-il, que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont gentiment nommé "la société de consommation", définition qui paraît inoffensive et purement indicative. " Ce " nouveau fascisme " était pour lui plus déstructurant, même, que l'ancien, dans l'uniformisation intériorisée par ses victimes.

" vision infernale ".


:: Sacha 2003-01-28 05:41:49 [Permalien] ::
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